Un de nos partenaire, avocat fiscaliste, nous recommande un de ses clients, Laurent chef d’entreprise dans le secteur de la pharma, 58 ans. Un groupe de sociétés construit depuis trente ans. Un patrimoine d’environ 10 millions d’euros. Une fille unique.
Et une réalité que sa banque privée avait chiffrée noir sur blanc dans son propre rapport : à son décès, sa fille devra s’acquitter de près de 3,8 millions d’euros de droits de succession. Sans disposer des liquidités nécessaires pour le faire.
Ce n’est pas un cas exceptionnel. C’est la situation de beaucoup d’entrepreneurs français qui ont bien réussi, bien travaillé, et qui pensent, à tort, que leur banque s’occupe de tout.
Le piège du patrimoine bien géré
Ce dirigeant n’est pas négligent. Il a une banque privée, un expert-comptable, un notaire, un avocat fiscaliste. Son patrimoine est structuré : une holding animatrice, plusieurs SCI, des actifs en France et à l’étranger (Italie) ainsi que de l’assurance-vie.
Le problème n’est pas l’absence de conseil. C’est l’absence de coordination entre ces conseils. Chacun traite son périmètre. Personne ne pilote l’ensemble.
Résultat : des mécanismes fiscaux puissants, Pacte Dutreil, donation en nue-propriété, changement de régime matrimonial, ont été identifiés mais jamais actionnés. Un rapport de la banque privée en parlait déjà depuis plus d’un an. Dix-huit mois plus tard, rien n’avait bougé.
Ce que les chiffres disent vraiment
La simulation successorale est sans appel. Sans action, les droits de succession s’élèvent à environ 3,8 millions d’euros. Avec la seule activation du Pacte Dutreil sur les titres de la holding, ce chiffre tombe à 2,1 millions d’euros. L’économie dépasse 1,7 million d’euros.
En ajoutant une donation en nue-propriété des titres à sa fille préalablement à la succession, les droits de donation s’élèvent à environ 90 000 euros seulement. Un investissement fiscal, pas un coût.
Ces chiffres ne sont pas des projections optimistes. Ils sont issus des simulations de la banque privée elle-même.
La question n’est donc pas “est-ce que ça vaut le coup ?” La question est “pourquoi ça n’a pas encore été fait ?”
Le coût de l’inaction
Chaque année qui passe sans agir a un coût. Sur la transmission d’abord : les fenêtres fiscales se ferment avec l’âge, certains dispositifs sont moins favorables passé un certain seuil. Sur le rendement ensuite : près de 900 000 euros d’actifs financiers dormaient sur des comptes bancaires peu rémunérés, sans stratégie de déploiement.
Ce que l’anticipation change concrètement
Nous avons pu intervenir sur trois leviers :
Le premier est la transmission. Activer le Pacte Dutreil, organiser la donation en nue-propriété, revoir le régime matrimonial si pertinent. Ces opérations prennent entre 2 et 6 mois à mettre en place. Elles doivent être préparées bien avant d’en avoir besoin.
Le deuxième est la liquidité pour les héritiers. Une fille qui doit régler 3,8 millions d’euros au décès de son père sans disposer des liquidités, c’est une urgence patrimoniale. L’assurance-vie, les dividendes planifiés, le paiement différé et fractionné des droits sur les titres d’entreprise sont des outils qui doivent être pensés et mis en place maintenant.
Le troisième est le rendement courant. Réorienter les liquidités dormantes, arbitrer les actifs immobiliers sous-performants, optimiser la fiscalité des structures de détention : autant de chantiers qui génèrent des revenus supplémentaires pendant que la stratégie successorale se met en place.
Ce que cette situation révèle du marché
Les grandes banques privées font un excellent travail de diagnostic. Leurs rapports sont souvent très complets, très pédagogiques, très bien présentés. Le problème, c’est l’exécution.
Un banquier privé gère des dizaines de clients. Il change de poste tous les trois à cinq ans. Il a des objectifs commerciaux sur les produits de sa maison.
Un conseil patrimonial indépendant n’a pas ces contraintes. Sa seule mission est de coordonner, piloter et mettre en œuvre. Et d’être encore là dans cinq ans pour en rendre compte.
Pour aller plus loin
Si vous êtes dirigeant, chef d’entreprise ou à la tête d’un patrimoine complexe, la première question à vous poser est simple : savez-vous exactement ce que vos héritiers devront payer le jour de votre décès ?
Si la réponse est floue, c’est qu’il est temps d’y regarder de plus près.