Fiscalité · juillet 2026

SPFPL ou SMHF : quelle holding pour un médecin qui a réussi ?

Une SELARL qui capitalise génère une question que je vois revenir chaque trimestre dans mes échanges avec des praticiens : une fois la trésorerie constituée, faut-il la faire remonter dans une SPFPL, dans une SMHF, ou dans les deux ? Les deux structures se ressemblent sur le papier. Elles ne servent pourtant pas le même projet.

SPFPL ou SMHF : quelle holding pour un médecin qui a réussi ?

Une SELARL qui capitalise génère une question que je vois revenir chaque trimestre dans mes échanges avec des praticiens : une fois la trésorerie constituée, faut-il la faire remonter dans une SPFPL, dans une SMHF, ou dans les deux ? Les deux structures se ressemblent sur le papier. Elles ne servent pourtant pas le même projet.

Si votre SELARL dégage un résultat confortable et que vous laissez chaque année une part de ce résultat en trésorerie plutôt que de la distribuer intégralement, vous êtes probablement déjà confronté à cette question. La réponse ne se trouve pas dans un choix binaire, mais dans la compréhension précise de ce que chaque structure permet, et de ce qu’elle ne permet pas.

En bref. La SPFPL est une holding réglementée qui détient les parts de la SELARL et fait remonter les dividendes quasi sans impôt grâce au régime mère-fille (95 % exonérés). La SMHF est une holding patrimoniale non réglementée, utilisée pour réinvestir hors du champ médical (immobilier, financier). Pour un médecin qui capitalise, l’architecture la plus courante combine les deux : la SPFPL en amont, la SMHF en aval pour la diversification.

Deux holdings, deux objets juridiques distincts

La confusion vient souvent du fait que les deux structures interviennent au même moment du parcours du praticien, généralement après plusieurs années d’exercice en SELARL, une fois qu’une trésorerie significative s’est constituée. Mais leur nature juridique n’a rien de commun.

SPFPL

Société de Participations Financières de Profession Libérale

Holding réglementée, inscrite au tableau de l’Ordre

Objet : détenir des parts de sociétés d’exercice libéral (votre SELARL, ou celle d’un confrère)

Soumise au contrôle de l’indépendance professionnelle

SMHF

Société de Moyens et Holding Familiale (holding patrimoniale non réglementée)

Forme libre : SAS, SARL, ou société civile

Objet : organiser le patrimoine du praticien en dehors du périmètre professionnel

Peut détenir jusqu’à 25 % du capital d’une SELARL depuis l’ordonnance du 8 février 2023

En résumé, la SPFPL reste dans le champ professionnel. La SMHF en sort. La première est l’outil de structuration de votre activité, la seconde celui de la diversification de votre patrimoine personnel.

Ce que la SPFPL fait vraiment pour vous

La SPFPL détient les parts de votre SELARL. Lorsque votre SELARL distribue des dividendes, ceux-ci ne partent plus directement dans votre patrimoine personnel, mais remontent dans la SPFPL. C’est là qu’intervient le régime mère-fille : 95 % de ces dividendes remontent dans la holding sans imposition, seuls 5 % restent soumis à l’impôt sur les sociétés de la SPFPL.

Concrètement, cette trésorerie reste disponible dans un cadre professionnel. Elle peut financer l’acquisition des murs de votre cabinet, l’entrée d’un associé, le rachat de parts d’un confrère qui part à la retraite, ou plus largement tout projet lié à votre activité libérale.

Cas chiffré. Un médecin spécialiste en SELARL dégage 220 000 € de bénéfice imposable. Il se verse une rémunération de gérant de 90 000 €, laissant 130 000 € de résultat dans la société. Après IS (15 % jusqu’à 42 500 €, 25 % au-delà), il reste 101 750 € distribuables.

S’il distribue ce montant directement à titre personnel, il subit le PFU à 31,4 % (12,8 % d’IR et 18,6 % de prélèvements sociaux depuis la LFSS 2026), soit environ 31 950 € d’impôt pour un net perçu de 69 800 €.

S’il fait remonter ce même montant dans une SPFPL via le régime mère-fille, seuls 5 087 € restent taxables à l’IS de la holding, soit environ 1 270 € d’impôt. Plus de 100 000 € restent disponibles pour être réinvestis, contre 69 800 € en distribution directe. L’écart, environ 30 000 € sur cette seule année, illustre pourquoi la SPFPL est généralement la première brique à poser, avant même de se poser la question de la SMHF.

Ce que la SMHF fait, que la SPFPL ne fait pas

La SPFPL a un objet professionnel. Elle ne sert pas à acheter un portefeuille d’assurance-vie luxembourgeoise ou un immeuble de rapport sans lien avec votre activité médicale, ce n’est pas sa fonction, et cela peut poser des difficultés au regard du contrôle de l’indépendance exercé par l’Ordre. C’est précisément le rôle de la SMHF : recevoir une partie de la trésorerie remontée, hors du champ réglementé, pour financer des investissements purement patrimoniaux : immobilier locatif, portefeuille financier, prises de participation dans d’autres sociétés.

Dans la majorité des architectures que je mets en place pour mes clients médecins, la SMHF ne détient pas la SELARL elle-même. Elle reçoit des dividendes versés par la SPFPL, ou directement une fraction du capital de la SELARL dans la limite des 25 % autorisés, selon le projet et l’horizon du praticien.

Une architecture typique. SELARL (exercice) détenue par la SPFPL (holding professionnelle), elle-même liée à une SMHF (holding patrimoniale) qui porte les investissements sans lien avec l’activité de soin. Les deux structures coexistent, chacune avec son objet propre.

L’impact de la loi de finances 2026

La loi de finances 2026 a introduit une taxe visant certaines holdings patrimoniales : celles soumises à l’IS, dont le patrimoine dépasse 5 millions d’euros, et dont les actifs n’ont pas de lien économique réel avec une activité. Ce point mérite d’être clarifié, car il inquiète à tort une partie de mes clients.

Une SPFPL qui détient des parts de SELARL conserve un objet économique évident : elle n’entre pas dans le champ de cette taxe. Une SMHF reste également hors champ tant que les actifs qu’elle porte gardent une logique économique identifiable, immobilier locatif exploité, participations dans des sociétés d’exploitation. Le risque se concentre sur les holdings patrimoniales dont les actifs deviennent purement passifs, sans aucune substance économique, une fois un certain seuil de patrimoine dépassé.

Pour la très grande majorité des praticiens que j’accompagne, cette réforme ne remet pas en cause l’intérêt de la structure SPFPL et SMHF. Elle impose en revanche une vigilance accrue sur la façon dont les actifs sont détenus et justifiés une fois le patrimoine de la holding patrimoniale devenu significatif.

Il n’y a pas de réponse universelle. La bonne architecture dépend de votre niveau de trésorerie capitalisée, de votre projet à cinq ou dix ans, cession, association, transmission, et de la nature des investissements que vous souhaitez porter. C’est un sujet qui se travaille au cas par cas, pas sur un modèle standard.

Questions fréquentes

Peut-on avoir une SPFPL et une SMHF en même temps ?

Oui, et c’est même l’architecture la plus fréquente chez les médecins ayant constitué une trésorerie significative. La SPFPL détient les parts de la SELARL et bénéficie du régime mère-fille, la SMHF reçoit une partie de cette trésorerie pour la réinvestir hors du champ professionnel.

La SMHF doit-elle obligatoirement détenir des parts de la SELARL ?

Non. Elle peut détenir jusqu’à 25 % du capital d’une SELARL depuis l’ordonnance du 8 février 2023, mais ce n’est pas systématique. Dans de nombreux montages, la SMHF ne détient aucune part de la société d’exercice et se contente de recevoir des flux financiers depuis la SPFPL.

Quel est le taux d’imposition des dividendes remontés en SPFPL ?

Grâce au régime mère-fille, 95 % des dividendes remontés depuis la SELARL sont exonérés d’impôt. Les 5 % restants sont soumis au taux normal de l’impôt sur les sociétés applicable à la SPFPL.

La nouvelle taxe de la loi de finances 2026 concerne-t-elle les holdings de médecins ?

Elle vise les holdings patrimoniales dont le patrimoine dépasse 5 millions d’euros et dont les actifs n’ont pas de lien économique réel avec une activité. Une SPFPL liée à l’exercice médical, ou une SMHF portant des actifs économiquement justifiés, restent en principe hors du champ de cette taxe. Une revue individuelle reste recommandée au-delà de ce seuil.

À partir de quel niveau de trésorerie la SMHF devient-elle pertinente ?

Il n’existe pas de seuil réglementaire, mais en pratique, la SMHF prend tout son sens lorsque la trésorerie remontée dans la SPFPL dépasse les besoins de réinvestissement professionnel, achat de murs, association, et qu’un projet de diversification patrimoniale se dessine clairement.

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