Vous êtes en SELARL et vous distribuez des dividendes — ou vous comptez le faire. La fiscalité dépend de trois variables : le mode d’imposition choisi (PFU vs barème), la part par rapport au capital social, et votre TMI. Mal calibrée, elle peut atteindre 75% (oui, vous avez bien lu). Voici comment optimiser.
Le cadre 2026 : PFU 30% par défaut
Depuis la loi de finances 2018, les dividendes sont par défaut soumis au Prélèvement Forfaitaire Unique (PFU) à 30%, qui se décompose en :
- 12,8% d’impôt sur le revenu
- 17,2% de prélèvements sociaux (CSG + CRDS + autres)
Ce PFU s’applique sur le dividende brut (avant impôt). Pour 10 000€ de dividendes, vous touchez 7 000€ net après PFU.
Vous pouvez opter pour le barème progressif de l’IR au lieu du PFU. Cette option devient intéressante si :
- Votre TMI est inférieur à 12,8% (rare pour un dentiste libéral)
- Vous voulez bénéficier de l’abattement de 40% sur dividendes (uniquement applicable au barème)
- Vous avez beaucoup de revenus à étaler
Le piège mortel : la règle des 10% du capital
C’est LA spécificité du gérant majoritaire de SELARL (régime TNS). L’article L. 131-6 du Code de la sécurité sociale prévoit que la part des dividendes excédant 10% du (capital social + primes d’émission + sommes versées en compte courant d’associé) est soumise aux cotisations TNS au lieu des prélèvements sociaux du PFU.
Exemple concret
Vous êtes gérant majoritaire d’une SELARL avec :
- Capital social : 10 000€
- Comptes courants associés : 5 000€
- Total base : 15 000€
- Seuil 10% : 1 500€
Vous distribuez 30 000€ de dividendes. Voici la fiscalité comparée :
| Tranche | Régime | Calcul | Prélèvement |
|---|---|---|---|
| 1 500€ (sous seuil) | PFU 30% | 1 500 × 30% | 450€ |
| 28 500€ (au-dessus) | 12,8% IR + ~45% TNS | 28 500 × 57,8% | 16 470€ |
| Total | 16 920€ (56,4%) |
Soit un taux effectif de 56% sur 30 000€ de dividendes. Catastrophique.
La solution : augmenter le capital social
Reprenons le même exemple mais avec un capital social à 100 000€ :
- Total base : 100 000€
- Seuil 10% : 10 000€
Distribution de 30 000€ :
| Tranche | Régime | Calcul | Prélèvement |
|---|---|---|---|
| 10 000€ (sous seuil) | PFU 30% | 10 000 × 30% | 3 000€ |
| 20 000€ (au-dessus) | 12,8% IR + ~45% TNS | 20 000 × 57,8% | 11 560€ |
| Total | 14 560€ (48,5%) |
→ Économie immédiate : 2 360€ sur cette distribution, et toutes les distributions futures.
À 300 000€ de capital social (capital + primes + CCA), le seuil monte à 30 000€ — toute la distribution passe au PFU 30%, soit 9 000€ d’impôt au lieu de 16 920€. Économie : 7 920€/an sur 30 000€ de dividendes.
Stratégie n°2 : éviter les dividendes, capitaliser
L’alternative la plus efficace : ne pas distribuer. Conserver le bénéfice après IS dans la société et le réinvestir :
- Placements financiers (assurance-vie de capitalisation, OPCVM)
- Immobilier d’entreprise (achat des murs du cabinet, SCI à l’IS)
- PER entreprise (cotisations déductibles de l’IS)
Le bénéfice retenu n’est imposé qu’à l’IS (15% jusqu’à 42 500€, 25% au-delà). En cession future, il bénéficie potentiellement de l’article 151 septies A (exonération totale au départ retraite).
Sur 10 ans, capitaliser 50 000€/an dans la société génère un patrimoine de 500 000€ à 800 000€ (avec rendement) avec une fiscalité de seulement 15-25% (IS), contre 50-60% en distribution + IR + cotisations.
Stratégie n°3 : la holding (régime mère-fille)
Si vous détenez votre SELARL via une holding (SAS ou SARL classique), les dividendes remontés à la holding bénéficient du régime mère-fille (article 145 et 216 du CGI) : 95% exonérés d’IS au niveau de la holding, sous condition de détention >5% depuis 2 ans minimum.
Comparaison sur 100 000€ de dividendes
| Schéma | Imposition | Net pour le gérant |
|---|---|---|
| Distribution directe (capital 10k€) | ~56% | 44 000€ |
| Distribution directe (capital 100k€) | ~48,5% | 51 500€ |
| Via holding mère-fille | IS 5% × 25% = 1,25% au niveau holding, puis arbitrage | 98 750€ retenu en holding |
Le gérant ne touche pas les 98 750€ en cash personnel — ils restent dans la holding pour réinvestissement. Mais c’est 5 fois plus de capital à faire fructifier qu’en distribution directe.
Le simulateur SELARL dentiste
Notre simulateur SELARL dentiste intègre la règle des 10% du capital et vous permet d’ajuster le capital social pour visualiser l’impact sur votre patrimoine. Vous obtenez une projection chiffrée sur 1 an avec PDF détaillé.
Quand opter pour le barème vs PFU ?
L’option barème devient intéressante uniquement si votre TMI est inférieur à 12,8% (donc tranche 0% ou 11%). Pour un dentiste libéral, c’est rare — TMI typique 41-45%.
Cas particulier : les premières années de cession où le revenu d’activité chute, le barème peut redevenir avantageux pour distribuer le solde de bénéfice retenu.
Check-list optimisation dividendes SELARL dentiste
- Capital social ≥ 50 000€ (minimum recommandé pour optimiser distributions)
- Compte courant associé alimenté (augmente la base 10%)
- Stratégie de capitalisation > stratégie de distribution si horizon > 5 ans
- Holding pré-existante envisagée pour réinvestissement
- Choix PFU vs barème validé annuellement
- Distribution calibrée sur besoin de cash réel, pas maximalisée
Pour aller plus loin
- 📚 SELARL dentiste : le guide complet 2026 — fiscalité, optimisation, capital social
- 📊 Simulateur SELARL dentiste — calculer l’impact du capital social sur votre fiscalité
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Olivier Etiembre, CIF ORIAS 24005941. Sources : CGI articles 117 quater, 145, 216, 158-3 ; CSS article L. 131-6 ; BOFiP-Impôts.