Vous voulez sortir du libéral classique (BNC) et passer en société. Trois options s’offrent à vous : SELARL, SELAS, ou SCP. Le choix structure toute votre fiscalité, votre couverture sociale, et la valorisation future de votre cabinet. Voici la comparaison synthétique pour décider en 5 minutes.
Les trois formes en une phrase chacune
- SCP (Société Civile Professionnelle) : structure ancienne, peu utilisée, soumise à l’IR par défaut. Régime libéral classique transposé en société. Marginal aujourd’hui.
- SELARL (Société d’Exercice Libéral à Responsabilité Limitée) : forme dominante, soumise à l’IS, gérant majoritaire en TNS. Choix par défaut pour 80% des dentistes.
- SELAS (Société d’Exercice Libéral par Actions Simplifiée) : alternative moderne à la SELARL, président en assimilé salarié. Pertinente dans 15-20% des cas spécifiques.
Tableau comparatif détaillé
| Critère | SCP | SELARL (gérant majoritaire) | SELAS |
|---|---|---|---|
| Régime fiscal société | IR par défaut (option IS possible) | IS de plein droit | IS de plein droit |
| Statut social du dirigeant | TNS (libéral classique) | TNS (CARCDSF) | Assimilé salarié (régime général) |
| Cotisations sur rémunération | ~22-26% (URSSAF + CARCDSF) | ~45% (TNS gérant) | ~75-80% (URSSAF + retraite cadre) |
| Imposition rémunération | IR direct (BNC) | Salaires (article 62 CGI) avec abattement 10% | Salaires avec abattement 10% |
| Dividendes < 10% capital | Non applicable (IR direct) | PFU 30% | PFU 30% |
| Dividendes > 10% capital | Non applicable | Cotisations TNS (~45%) | PFU 30% (avantage) |
| Cession parts/actions | Droits 5% | Droits 3% | Droits 0,1% |
| Couverture maladie/maternité | TNS (CPAM PL) | TNS (CPAM PL) | Régime général (avantage) |
| Retraite obligatoire | CARCDSF | CARCDSF | Régime général + AGIRC-ARRCO (cadre) |
| Frais de gestion annuels | Faibles | Modérés (expert-comptable) | Modérés (expert-comptable) |
Matrice de décision en 4 cas types
Cas 1 : Vous voulez une rémunération salariale forte + dividendes au PFU
→ SELAS est plus pertinente. Cotisations sociales plus lourdes mais meilleure couverture sociale, et les dividendes au-dessus de 10% du capital restent au PFU 30% (pas de trappe TNS comme en SELARL).
Profil typique : dentiste qui veut maximiser le revenu cash perçu chaque année et bénéficier d’une retraite cadre du régime général en complément de la CARCDSF.
Cas 2 : Vous voulez capitaliser dans la société (stratégie patrimoniale)
→ SELARL est plus avantageuse. Cotisations TNS plus faibles (45% vs 75-80%) sur la rémunération, ce qui permet de minimiser le coût de ce que vous extrayez et conserver davantage en société à l’IS.
Profil typique : dentiste senior qui prépare patrimonialement la cession dans 5-10 ans, avec capacité d’épargne forte.
Cas 3 : Vous êtes en début d’activité et l’immobilier d’investissement vous intéresse
→ SELARL souvent + holding patrimoniale. La structure de holding amplifie la rentabilité globale (régime mère-fille, déductibilité intérêts, immobilier en SCI).
Profil typique : dentiste 30-40 ans qui rachète un cabinet et veut bâtir un patrimoine immobilier en parallèle de l’activité.
Cas 4 : Vous êtes proche de la retraite (5 ans)
→ SELARL si déjà en place, peu d’intérêt à changer. Si encore en BNC, passage SELARL avec préparation cession via article 151 septies A (exonération totale possible).
Profil typique : dentiste 60+ ans, cabinet stable, départ retraite planifié.
Pourquoi la SCP est devenue marginale
La SCP était la forme historique avant 2008. Aujourd’hui :
- Régime IR par défaut = pas de capitalisation possible (pas d’effet boîte à outils SELARL)
- Cotisations TNS sur 100% du BNC = même piège que le BNC libéral classique
- Pas de levier dividendes (IR direct sur la quote-part associé)
- Cession plus chère fiscalement (5% droits contre 3% SELARL ou 0,1% SELAS)
Sauf cas spécifique (associations historiques entre dentistes, transmission familiale), la SCP n’a plus de pertinence économique.
Le piège SELARL : la trappe à dividendes
Comme expliqué dans notre article sur les dividendes SELARL, la part de dividendes excédant 10% du capital est soumise aux cotisations TNS (~45%) au lieu du PFU 30%.
Conséquence : si vous voulez distribuer beaucoup de dividendes, la SELAS est meilleure (PFU intégral). Si vous voulez capitaliser et distribuer modérément, la SELARL avec capital élevé reste optimale.
Tableau de décision rapide
| Situation | Forme recommandée |
|---|---|
| Premier cabinet, débutant | SELARL capital 10-50k€ |
| Cabinet établi, capacité d’épargne | SELARL capital 50-100k€ + holding |
| Stratégie dividendes massifs (cabinet à 4 fauteuils, CA > 800k) | SELAS |
| Couverture sociale prioritaire (santé, prévoyance) | SELAS |
| Cession à 3-5 ans, départ retraite | SELARL (avec préparation 151 septies A) |
| Transmission familiale (enfants dentistes) | SELARL + pacte Dutreil |
Combien ça coûte de changer de forme ?
Si vous êtes en SELARL et voulez passer en SELAS (ou inversement), le coût total est 3 000 à 6 000€ d’honoraires (avocat + expert-comptable) + déclarations Ordre + droits de mutation. Le rapport coût/bénéfice est positif si l’écart fiscal annuel est ≥ 10 000€/an, soit un retour sur investissement < 1 an.
Pour aller plus loin
- 📚 Guide complet SELARL dentiste 2026 — la forme dominante en détail
- 📊 Simulateur SELARL dentiste — chiffrer votre cas SELARL en 4 minutes
- 🎯 Audit gratuit avec Olivier Etiembre — pour valider la forme la plus adaptée à votre situation
Olivier Etiembre, CIF ORIAS 24005941. Sources : Loi du 31 décembre 1990 (sociétés d’exercice libéral), Code de la santé publique R.4113-1 et suivants, BOFiP-Impôts, CGI articles 8, 62, 219.